Mamange pour la deuxième fois... peur de ne pas pouvoir me relever.

Melrose
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Re: Mamange pour la deuxième fois... peur de ne pas pouvoir me relever.

Message par Melrose »

En ce jour où tu devais naitre,
J'ai rêvé de toi...

Bonjour!
Je m’appelle Mila.
J’aurais dû naître aujourd’hui.
Mais je suis devenue un petit ange ce 13 avril 2021.
Je me suis envolée après 10 jours de combats.
Avec ma maman on a vécu des montagnes russes.
Entre espoir et désespoir…
Pour une raison inconnue (peut être une infection) ma petite bulle protectrice s’est fissurée transformant mon petit monde parfait en un lieu de combat pour ma vie.
Et du haut de mes cinq petits mois,
J’ai perdu la bataille plongeant malgré moi ma maman dans une douleur et tristesse indescriptibles.
Ma maman s’en veut énormément, elle culpabilise beaucoup.
Tous les soirs, elle se demande pourquoi je suis partie ?
Mais moi je ne sais pas la réponse.
Je voulais juste être aimée par elle et grandir auprès d’elle.
C’est pour cela que je me suis installée par surprise dans son bidou parce que je savais qu’elle m’accueillera sans la moindre hésitation.
Puis on m’a séparé d’elle sans nous demander notre avis.
Je n’aime pas voir ma maman triste.
J’essaye de lui montrer que je suis là près d’elle.
Je suis cette petite plume blanche immaculée qui me lie à elle et que je fais tomber du ciel pour essuyer ses larmes.
Je suis ce papillon blanc qui l’accompagne jour après jour.
Je suis cette petite fille dans ses doux rêves…
Je suis là même si ce n’est pas de cette façon la que ça devait être.
Je ne suis bien entourée par des petites étoiles, et par Lucas.
Nous sommes sur notre petit nuage et l’attendons.
Je veux que tu sois forte maman pour que je puisse continuer à vivre à travers toi.
Continue de croire en toi et en tes rêves.
N’oublie pas que tu as fait une promesse à Lucas.
Une promesse est une promesse.
Ne t’inquiète pas maman nous serons toujours là pour t’accompagner.
Tu trouveras la paix dans ton cœur
Car dans ton cœur il y’aura toujours et a jamais tous tes enfants.
Veille bien sur Néna, Nono et papa.
Un jour nôtre famille sera au complet.
Aujourd’hui je devais naître.
Mais aujourd’hui c’est toi qui va renaître.
Je t’aime tellement ma maman chérie.
Et même si tu ne le veux pas, nous veillerons toujours sur toi, sur vous.
Je ne suis pas là où tu voulais que je sois,
Mais je serai partout où tu seras.
À tout jamais dans ton cœur ♥️
Maman de Néna née le 2008♥️ Et de Nono né en 2014♥️
3FC en 2016
Mamange de Lucas le 6/10/2017
FC 14/05/2020 à 8SA
Mamange de Mila♥️ mon espoir envolée le 13/04/2021
Elogojab
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Re: Mamange pour la deuxième fois... peur de ne pas pouvoir me relever.

Message par Elogojab »

Mes plus douces pensées à ta petite Mila, bel hommage
Elo maman d'un p'tit garçon d'amour🌞
Mam'ange d'une belle petite fille née sans vie à 34+6SA🌟
🌈 de bonheur
Solitaire à un souffle de toi, si près tu m'échappes déjà
Melrose
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Re: Mamange pour la deuxième fois... peur de ne pas pouvoir me relever.

Message par Melrose »

Elogojab a écrit : 31 août 2021, 07:46 Mes plus douces pensées à ta petite Mila, bel hommage
Merci beaucoup. Douces pensées à votre petit ange 👼🏼.
Je me sens un peu plus légère, un peu comme si j’étais soulagée d’un poids.
J’ignore combien de temps cela va durer mais j’espère le plus longtemps possible.
Elle me manque toujours autant, j’ai juste l’impression que sa mort est définitive.
Ça peut sembler incroyable mais j’y croyais encore au miracle car j’avais encore « les mouvements fantômes »
Ce dimanche j’ai imaginé étape par étapes comment ma journée ce serait passé si mon bébé avait été encore là. J’ai tout « vécu » jusqu’au message que j’allais envoyer pour annoncer sa naissance.
À la place j’ai envoyé ce message « Un petit ange aurait dû naître aujourd’hui, en souvenir elle m’a laissé une plume » et j’ai joint la photo de la petite plume que j’ai trouvé dans le jardin, exactement la même que j’avais retrouvé sur mon tableau de bord…

Nous aurions dû être 5 pour cette rentrée mais la vie en a décidé autrement.

Je vous souhaite une bonne rentrée à tous les paranges de ce site.

Plein de bisous volants à nos petits bébés du ciel ♥️👼🏼♥️
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Elogojab
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Re: Mamange pour la deuxième fois... peur de ne pas pouvoir me relever.

Message par Elogojab »

Melrose a écrit : 01 septembre 2021, 00:08
Elogojab a écrit : 31 août 2021, 07:46 Mes plus douces pensées à ta petite Mila, bel hommage
Merci beaucoup. Douces pensées à votre petit ange 👼🏼.
Je me sens un peu plus légère, un peu comme si j’étais soulagée d’un poids.
J’ignore combien de temps cela va durer mais j’espère le plus longtemps possible.
Elle me manque toujours autant, j’ai juste l’impression que sa mort est définitive.
Ça peut sembler incroyable mais j’y croyais encore au miracle car j’avais encore « les mouvements fantômes »
Ce dimanche j’ai imaginé étape par étapes comment ma journée ce serait passé si mon bébé avait été encore là. J’ai tout « vécu » jusqu’au message que j’allais envoyer pour annoncer sa naissance.
À la place j’ai envoyé ce message « Un petit ange aurait dû naître aujourd’hui, en souvenir elle m’a laissé une plume » et j’ai joint la photo de la petite plume que j’ai trouvé dans le jardin, exactement la même que j’avais retrouvé sur mon tableau de bord…

Nous aurions dû être 5 pour cette rentrée mais la vie en a décidé autrement.

Je vous souhaite une bonne rentrée à tous les paranges de ce site.

Plein de bisous volants à nos petits bébés du ciel ♥️👼🏼♥️
La date d accouchement est une étape importante et douloureuse ça ferme en quelque sorte le processus. Même si on oublie jamais.
Ensuite on imagine tout ce qu'on ne pourra vivre avec son enfant et progressivement ça s'apaise. L absence sera toujours là, une partie de nous s'en est allée également...

Elo
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🌈 de bonheur
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Re: Mamange pour la deuxième fois... peur de ne pas pouvoir me relever.

Message par Lilas13 »

Bonjour Melrose,
Ton message était magnifique...j’ai pleuré à chaudes larmes du début à la fin tellement ce manque me parle, nous parle à tous je pense.
Cela fait des mois que je viens sur ce forum et tes messages, depuis toutes ces semaines que je te lis chaque mardi, relatent tellement ce que je ressens. J'ai l'impression de lire mes pensées. Certains autres messages aussi. Je crois que seuls les paranges se comprennent, les autres l'imaginent peut-être un peu mais sont à des années lumières de nos sentiments profonds.
Cela fait 7 mois que ma bulle de bonheur a volé en éclat, que ma petite puce m'a quitté, que je pleure sans arrêt. Rien qu'en écrivant, mes larmes inondent mon visage. Je me réveille le matin en pensant à elle. En pleurant. Je me dis que je n'avais pas envie de me réveiller, de ne plus me réveiller pour ne plus souffrir. Je crois que beaucoup de mamanges ont eu cette envie. Que seuls nous, nous comprenons. Le soir je me couche en pleurant sans faire trop de bruit car je ne veux pas que mon mari s'en rende compte pour pas qu'il ne s'inquiète encore plus et qui se rende compte que je ne vais toujours pas bien. Car je ne vais pas bien. Pourtant mes deux autres enfants sont là, mon mari aussi. Mais ils ne me suffisent plus, je veux elle, ma toute petite...
Je vais avoir 45 ans dans quelques mois. J'ai su que j'étais enceinte à 43 ans et demi et devait accoucher à 44 ans passé. C'était magique, inespérée car je n'y croyais plus à mon âge. J'avais fait une fausse couche à 42 ans et demi et je pensais que cela ne marcherait plus. Puis ma toute belle s'est logée en moi. Quel bonheur, je planai, je savais que c'était magique et précieux. Une autre petite fille, nous en rêvions. J'avais peur des 3 premiers mois puis des risques de trisomie, puis des malformations mais chaque rdv médical était bon. Je me projetai et rêvais de toi sans retenue. Juste l'accouchement me faisait peur si césarienne ou autre problème. Quelle idiote...le jour de l'accouchement, ce n'est pas la douleur physique qui était là mais celle du cœur qui reste encore meurtrie et en miettes depuis 7 mois maintenant.
Ma fille a 11 ans et mon fils 15 ans. Ils attendaient avec impatience leur petite sœur. Cela faisait des années que je rêvais de ce petit dernier bébé. Ma fille était aux anges, elle lui faisait déjà des dessins et des bracelets. Comme j'étais fière de la porter, si fière, heureuse de me promener avec elle dans mon ventre. Je faisais tout avec elle, j'ai été avec elle tant de mois que j'ai l'impression qu'on me l'a volé d'un coup. Ne plus la sentir bouger, ne plus lui parler, elle me manque tellement, cela me broie le cœur. Je me sens vide, seule.
J'étais à 34sa+5 ce maudit mardi, le 19 janvier. La veille, elle gigotait beaucoup le matin, l'après-midi je ne m'en souviens plus et dans la nuit de lundi à mardi, elle bougeait beaucoup aussi. Pourquoi je ne me suis pas inquiétée? Car elle bougeait souvent et là c'était plus que d'habitude. Pourquoi je n'ai pas compris qu'elle voulait peut-être me dire quelque chose? Pourquoi je ne suis pas aller aux urgences? je m'en veux tellement, je me déteste...comment ai-je pu croire que cela se passerait bien sans être très vigilante jusqu'au bout? La gynéco m'a dit que cela pouvait être des périodes de fortes agitations. La psy qui me suit me dit que "personne" ne va aux urgences car son bébé bouge beaucoup. Que cela n'avait pas à m'inquiéter. Qu'en sait-elle malgré qu'elle essaie de m'aider?
Le mardi matin, comme chaque matin, je me suis assise après ma douche en posant mes mains sur mon ventre pour la sentir bouger. Je faisais cela chaque matin pour vérifier que tout allait bien. C'était notre moment du matin. Ce matin là, elle a un peu bougé puis le hoquet (cela lui arrivait parfois) puis un gros hoquet. Je pense que c'était ton dernier souffle ce hoquet mais à ce moment là je ne le savais pas. Ce n'est que vers 10h que j'ai commencé à m'inquiéter. A 14h je suis allé aux urgences pour dire que je ne la sentais plus. La SF m'a dit "effectivement" en tournant l'écran de l'écho et en me disant : "regardez, c'est tout noir, alors qu'on devrait voir son cœur". C'était si violent, en quelques heures tout a basculé dans l'horreur. Je ne peux raconter l'accouchement, juste que la douleur physique était tellement insignifiante par rapport à la douleur morale et du cœur. Elle était si belle. Quand je l'ai vu, j'ai eu envie de partir en courant avec elle. Elle avait des traits si fins, si beaux, des cheveux noirs comme son papa alors que son frère et sa sœur étaient châtains à leur naissance. Elle pesait 2 kilos, elle était parfaite. Tellement belle. Notre petite Thylane que nous aimerons à tout jamais et de manière incommensurable.
Son père n'a pas voulu la voir, il ne s'en sentait pas le courage, pour se protéger je suppose. Moi, je ne pouvais pas ne pas la voir, elle avait grandit en moi, c'était battu pour grandir en moi, je n'aurai pas pu ne pas la prendre dans mes bras même si ce fut très dur. On rêve qu'elle ouvre les yeux et que ce cauchemar s'arrête.
Je faisais du diabète gestationnel diagnostiqué durant le 5ème mois. Je me piquais et vérifiais le taux 4 fois/jour et la diététicienne m'avait même dit de ne le faire plus que 1 fois par jour (à jeun le matin) car j'arrivais à réguler dans la journée. Je préférai continuer à le faire 4 fois par jour pour être sûre que tout allait bien, que je ne dépassais pas le taux.
Je repasse en boucle cette veille de sa mort si souvent comme pour changer la fin de l'histoire. Je cherche des réponses pour savoir qu'est-ce qui s'est passé. La gynéco m'a dit que des fois on ne sait pas, c'est la mort subite in utéro. Ou bien un mauvais échange et si j'avais pris de "l'***** nourrisson" cela ne se saurait peut-être pas passé ainsi. Que c'est la fatalité...la gynéco m'a dit "la prochaine fois, si prochaine fois, je vous donnerai de l'***** nourrisson". Mais...elle ne semble pas se rendre compte qu'à mon âge, ce n'est plus possible surement...que c'était la dernière fois que j'aurai le bonheur d'être enceinte. Pourquoi me la donner et me la reprendre, c'est si dur...
Je me dis que c'est ma faute, qu'elle a du souffrir à cause de moi. Mon bébé, pardonne moi, je m'en veux tellement de ne pas t'avoir protégé. Avec ce diabète, je surveillais tout ce que je mangeais et achetai que les produits indiqué par la diabétologue. Mais, après réflexion je me rappelle que la diabétologue nous avait dit, en groupe, qu'on pouvait manger 2 fruits par jour. J'avais choisi la pomme et la poire uniquement pour leur IG bas par rapport à tous les autres. Du moment que notre taux ne dépassait pas. Et la gynéco le mois d'avant m'avait dit 2 fruits par semaine. J'ai suivi les conseils de la diabétologue mais est-ce que je n'aurai pas dû écouter plutôt la gynéco plus sécuritaire? pourquoi je n'ai pas demandé un autre avis médical même si mes taux étaient bons? est-ce cela qui a causé ta perte, ce maudit diabète. Je n'ai dépassé le taux que 3 fois en 3 mois. Seul écart était un carré de chocolat noir en fin de repas de temps en temps. Est-ce que c'est cela? La psy me dit que non car quasiment pas de sucre, qu'il aurait fallut que ce taux soit beaucoup plus élevé. Que le taux aurait été plus important si le diabète n'était pas régulé. Et dans ce cas ils donnent de l'insuline. Je n'avais pris que 2 kilos depuis le début de la grossesse à cause du diabète et ma fille était dans la courbe normale à l’échographie du T3. Cette échographie passée 1 semaine avant où il m'avait dit que tout allait bien. J'en avais choisi un réputé sur la ville que j'habite (une grande ville) pour justement être plus rassuré par rapport à l'échographiste de l'hôpital. J'avais vu mon obstétricienne 5 jours avant et me disait aussi que tout allait bien. Pourquoi je n'ai pas demandé des monitorings pour le suivi du T3 en raison de mon âge et diabète? Pourquoi je leur ai fait confiance? Est-ce que cela aurait changé l'histoire? Pourquoi ne me l'ont-ils pas proposé? Car pour eux, tout allait parfaitement (mon poids, ton poids, mes taux, mes analyses, les échos). Est-ce que tu serai avec moi aujourd'hui?
Oh ma puce comme tu me manques. J'ai ta photo sur mon portable mais je te regarde moins...cela me fait trop mal et de toute manière ton visage, ton corps, tes petites mains sont gravés dans ma mémoire à tout jamais. Tu sais, je n'ai plus peur de mourir car je sais que je serai avec toi quand ce jour viendra. Mais....la culpabilité me ronge, je vais sur pleins de sites pour essayer de comprendre ce qui s'est passé, cela me consume. Cela pourrait être une position dans la nuit? une compression du cordon? Et si j'avais plus mangé, tu aurais eu plus de place? On m'aurait déclenché si tu avais été plus grosse? car ce qui m’anéantis c'est de me dire que à 34 sa tu n'étais pas considéré comme prématuré...Et toutes ces recherches sur internet, à quoi cela sert? tu n'es plus là...
On a pas fait l'autopsie, juste l'amnio et l'étude du placenta qui n'ont rien révélé, trop dur sur le moment mais maintenant je regrette, cela m'aurait peut-être permis d'atténuer cette culpabilité.
Une amie, heureusement qu'elle est là, qui a perdu aussi un bébé au début du 4ème mois, la seule que j'ai voulu voir pendant tous ces mois, m'a dit que je ne pouvais rien me reprocher, que j'avais pris que 2 kilos, que j'avais fait attention. Elle m'a dit que peut-être tu avais une malformation non décelable et que tu aurais eu un problème, et que dans ce cas tu es partie et que c'est "mieux" ainsi car cela t'épargne une vie de souffrance. Peut-être...cela me "console" un peu si c'est le cas mais si cela n'est pas ça? Car je pense que tu était viable et que cela a basculé en quelques heures, cela me déchire le cœur...
J'ai repris le travail la semaine dernière, c'était dur, les gens vivent normalement alors que moi, mon monde s'est effondrée. Je vis depuis dans un monde parallèle. Cela m'a permis de me reconnecter au monde socialement car je n'ai voulu voir ni parler à quasiment personne pendant des mois.
Cet été fut très dur car on aurait dû être 5. Je voyais des bébés partout, des petites filles partout. Tu aurais été si douce et belle, j'en suis certaine.
Mon mari, heureusement qu'il est là, lui et les enfants, dit "qu'il faut avancer", j'ai l'impression qu'il a retrouvé sa vie d'avant comme "si on avait remonté le temps". Je ne minimise pas sa douleur bien sûr mais il n'en parle plus. Pour ne pas souffrir en en parlant? Pour protéger nos enfants? Pour m'éviter d'y penser? je ne sais pas...Quand j'ai les larmes qui montent, il me dit d'avancer. Avancer de quoi? Pour mes enfants, pour lui, j'essaie, vraiment, mais pour l'instant je suis en mode "robot" avec encore des litres de larmes.
Dés que je pense à elle (très souvent) les larmes montent. Et en ce moment, je me rappelle, il y a un an, j'entamais mon 4ème mois, j'étais si heureuse. Je ne savais pas encore que tu étais une petite fille car tu étais en tailleur ou en boule à chaque visite chez l'obstétricienne. Tu nous faisais patienter pour savoir si on achetait du rose ou du bleu. Comme je t'aime ma puce.
Le trajet du retour de mon travail, j'explose et je pleure à chaudes larmes.
Si j'avais été plus jeune, j'aurai voulu un autre enfant pour, non pas la remplacer bien évidemment, mais apaiser ma peine. Cela est si difficile de se dire que ma dernière grossesse est celle de la fatalité, que je ne tiendrai plus de bébé de nous deux pour le cajoler. Je sais que tu seras à jamais irremplaçable mais cela aurait mis de "l’insouciance d'enfant" dans nos vies. Je vous "envie" les mamanges qui peuvent encore avoir un bébé arc-en-ciel...
Je sais que jamais plus je ne pourrai être légère et heureuse complétement. Ma puce, avec toi, une partie de moi est morte. Je ne vis pas, je survis. Tu me manques tellement.
Ainsi, je n'avais pas pu écrire sur ce forum depuis des mois que je viens lire les messages de chacun. Ce soir je trouve le "courage" (je hais ce mot que tous nous disent) de déverser tous mes sentiments à vous qui comprenez, à toi Melrose. Je ne sais pas où tu habites en France mais je vis, à quelques ou beaucoup de kilomètres, la même douleur que toi, que vous tous. Je pense bien à vous tous, j'ai le sentiment de ne pas (hélas) être seule à vivre cette torture morale et du cœur. Mes journées sont rythmées entre culpabilité, tristesse et colère.
Tous nos bébés n'auraient jamais dû nous quitter, pas un bébé, pas une maman et un papa qui attendent avec impatience leur tout petit....
Douce pensée à tous et à nos bébés tant aimés à jamais.
Melrose
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Re: Mamange pour la deuxième fois... peur de ne pas pouvoir me relever.

Message par Melrose »

Bonsoir mon bébé!
Je me sens vide de toi.
Tu aurais tout près de moi, tout contre moi…
Tu nous manque tellement ma Mila!
Moi j’allais mieux du moins je le croyais mais ce soir je suis triste.
Je suis triste parce que ta grande sœur souffre de ton départ à en faire des cauchemars…
Il y’a deux jours elle m’a confié sa douleur de t’avoir perdu et d’avoir perdu Lucas. Elle m’a dit que ça faisait tellement mal et que pour moins souffrir elle se dit que tu es partie parce que Lucas avait besoin d’une petite sœur.
Moi aussi je me le suis dit tellement de fois!
Ses confessions m’ont bien remuées mais je me suis retenue de m’effondrer devant.
Nous vivons une telle injustice et je m’en veux de lui infliger cela.
Je me sens une mauvaise mère parce que je n’ai pas su vous protéger toi et Lucas, et parce que je n’ai pas su préserver Néna et Nono de cette souffrance.
Moi qui voulais juste donner de l’amour à mes enfants, me voila qui donne de la souffrance à mes enfants…
Je voudrais tellement vous avoir tous auprès de moi.
Mon petit ange je ferai tout pour rendre hommage mais pardonne moi si parfois je vais flancher.
Ce soir c’est un soir de mou mais demain ça ira mieux
Je sais que tu ne voudrais pas me voir souffrir.
Et moi je ne voudrais pas vous décevoir.
Tout doucement je vais renaître de vos cendres.
Ce soir comme tous les soirs vous serez avec moi dans mon cœur et dans mes pensées.
Je vous aime mes bébés du ciel ♥️

Besoin de passer un moment autrement avec toi.
Maman de Néna née le 2008♥️ Et de Nono né en 2014♥️
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Re: Mamange pour la deuxième fois... peur de ne pas pouvoir me relever.

Message par Juli1 »

Lilas13 a écrit : 01 septembre 2021, 22:58 [...] Le soir je me couche en pleurant sans faire trop de bruit car je ne veux pas que mon mari s'en rende compte pour pas qu'il ne s'inquiète encore plus et qui se rende compte que je ne vais toujours pas bien. Car je ne vais pas bien.
[...]
Mon mari, heureusement qu'il est là, lui et les enfants, dit "qu'il faut avancer", j'ai l'impression qu'il a retrouvé sa vie d'avant comme "si on avait remonté le temps". Je ne minimise pas sa douleur bien sûr mais il n'en parle plus. Pour ne pas souffrir en en parlant? Pour protéger nos enfants? Pour m'éviter d'y penser? je ne sais pas...
[...]
Le trajet du retour de mon travail, j'explose et je pleure à chaudes larmes.
" Bonjour" Lilas13.
Je suis navré que ta famille ait également été touchée par ce drame.
Tu dis essayer de pleurer sans bruit pour ne pas inquiéter ton mari, et tu te demandes s'il ne t'en parles plus pour vous protéger. En avez vous parlé depuis ? A l'époque le psychologue de la maternité nous avait encouragé à en parler régulièrement pour savoir comment chaque membre du couple cheminait dans son deuil. Avec le recul je pense que c'était un excellent conseil.

Pendant plusieurs semaines après la perte de mon fils, j'avais souvent les larmes qui coulaient sur la route du travail.

Lilas13, Melrose, j'ai une pensée pour vous et vos enfants.
Dernière modification par Juli1 le 14 septembre 2021, 01:11, modifié 1 fois.
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Re: Mamange pour la deuxième fois... peur de ne pas pouvoir me relever.

Message par Melrose »

Lilas13 a écrit : 01 septembre 2021, 22:58 Bonjour Melrose,
Ton message était magnifique...j’ai pleuré à chaudes larmes du début à la fin tellement ce manque me parle, nous parle à tous je pense.
Cela fait des mois que je viens sur ce forum et tes messages, depuis toutes ces semaines que je te lis chaque mardi, relatent tellement ce que je ressens. J'ai l'impression de lire mes pensées. Certains autres messages aussi. Je crois que seuls les paranges se comprennent, les autres l'imaginent peut-être un peu mais sont à des années lumières de nos sentiments profonds.
Cela fait 7 mois que ma bulle de bonheur a volé en éclat, que ma petite puce m'a quitté, que je pleure sans arrêt. Rien qu'en écrivant, mes larmes inondent mon visage. Je me réveille le matin en pensant à elle. En pleurant. Je me dis que je n'avais pas envie de me réveiller, de ne plus me réveiller pour ne plus souffrir. Je crois que beaucoup de mamanges ont eu cette envie. Que seuls nous, nous comprenons. Le soir je me couche en pleurant sans faire trop de bruit car je ne veux pas que mon mari s'en rende compte pour pas qu'il ne s'inquiète encore plus et qui se rende compte que je ne vais toujours pas bien. Car je ne vais pas bien. Pourtant mes deux autres enfants sont là, mon mari aussi. Mais ils ne me suffisent plus, je veux elle, ma toute petite...
Je vais avoir 45 ans dans quelques mois. J'ai su que j'étais enceinte à 43 ans et demi et devait accoucher à 44 ans passé. C'était magique, inespérée car je n'y croyais plus à mon âge. J'avais fait une fausse couche à 42 ans et demi et je pensais que cela ne marcherait plus. Puis ma toute belle s'est logée en moi. Quel bonheur, je planai, je savais que c'était magique et précieux. Une autre petite fille, nous en rêvions. J'avais peur des 3 premiers mois puis des risques de trisomie, puis des malformations mais chaque rdv médical était bon. Je me projetai et rêvais de toi sans retenue. Juste l'accouchement me faisait peur si césarienne ou autre problème. Quelle idiote...le jour de l'accouchement, ce n'est pas la douleur physique qui était là mais celle du cœur qui reste encore meurtrie et en miettes depuis 7 mois maintenant.
Ma fille a 11 ans et mon fils 15 ans. Ils attendaient avec impatience leur petite sœur. Cela faisait des années que je rêvais de ce petit dernier bébé. Ma fille était aux anges, elle lui faisait déjà des dessins et des bracelets. Comme j'étais fière de la porter, si fière, heureuse de me promener avec elle dans mon ventre. Je faisais tout avec elle, j'ai été avec elle tant de mois que j'ai l'impression qu'on me l'a volé d'un coup. Ne plus la sentir bouger, ne plus lui parler, elle me manque tellement, cela me broie le cœur. Je me sens vide, seule.
J'étais à 34sa+5 ce maudit mardi, le 19 janvier. La veille, elle gigotait beaucoup le matin, l'après-midi je ne m'en souviens plus et dans la nuit de lundi à mardi, elle bougeait beaucoup aussi. Pourquoi je ne me suis pas inquiétée? Car elle bougeait souvent et là c'était plus que d'habitude. Pourquoi je n'ai pas compris qu'elle voulait peut-être me dire quelque chose? Pourquoi je ne suis pas aller aux urgences? je m'en veux tellement, je me déteste...comment ai-je pu croire que cela se passerait bien sans être très vigilante jusqu'au bout? La gynéco m'a dit que cela pouvait être des périodes de fortes agitations. La psy qui me suit me dit que "personne" ne va aux urgences car son bébé bouge beaucoup. Que cela n'avait pas à m'inquiéter. Qu'en sait-elle malgré qu'elle essaie de m'aider?
Le mardi matin, comme chaque matin, je me suis assise après ma douche en posant mes mains sur mon ventre pour la sentir bouger. Je faisais cela chaque matin pour vérifier que tout allait bien. C'était notre moment du matin. Ce matin là, elle a un peu bougé puis le hoquet (cela lui arrivait parfois) puis un gros hoquet. Je pense que c'était ton dernier souffle ce hoquet mais à ce moment là je ne le savais pas. Ce n'est que vers 10h que j'ai commencé à m'inquiéter. A 14h je suis allé aux urgences pour dire que je ne la sentais plus. La SF m'a dit "effectivement" en tournant l'écran de l'écho et en me disant : "regardez, c'est tout noir, alors qu'on devrait voir son cœur". C'était si violent, en quelques heures tout a basculé dans l'horreur. Je ne peux raconter l'accouchement, juste que la douleur physique était tellement insignifiante par rapport à la douleur morale et du cœur. Elle était si belle. Quand je l'ai vu, j'ai eu envie de partir en courant avec elle. Elle avait des traits si fins, si beaux, des cheveux noirs comme son papa alors que son frère et sa sœur étaient châtains à leur naissance. Elle pesait 2 kilos, elle était parfaite. Tellement belle. Notre petite Thylane que nous aimerons à tout jamais et de manière incommensurable.
Son père n'a pas voulu la voir, il ne s'en sentait pas le courage, pour se protéger je suppose. Moi, je ne pouvais pas ne pas la voir, elle avait grandit en moi, c'était battu pour grandir en moi, je n'aurai pas pu ne pas la prendre dans mes bras même si ce fut très dur. On rêve qu'elle ouvre les yeux et que ce cauchemar s'arrête.
Je faisais du diabète gestationnel diagnostiqué durant le 5ème mois. Je me piquais et vérifiais le taux 4 fois/jour et la diététicienne m'avait même dit de ne le faire plus que 1 fois par jour (à jeun le matin) car j'arrivais à réguler dans la journée. Je préférai continuer à le faire 4 fois par jour pour être sûre que tout allait bien, que je ne dépassais pas le taux.
Je repasse en boucle cette veille de sa mort si souvent comme pour changer la fin de l'histoire. Je cherche des réponses pour savoir qu'est-ce qui s'est passé. La gynéco m'a dit que des fois on ne sait pas, c'est la mort subite in utéro. Ou bien un mauvais échange et si j'avais pris de "l'***** nourrisson" cela ne se saurait peut-être pas passé ainsi. Que c'est la fatalité...la gynéco m'a dit "la prochaine fois, si prochaine fois, je vous donnerai de l'***** nourrisson". Mais...elle ne semble pas se rendre compte qu'à mon âge, ce n'est plus possible surement...que c'était la dernière fois que j'aurai le bonheur d'être enceinte. Pourquoi me la donner et me la reprendre, c'est si dur...
Je me dis que c'est ma faute, qu'elle a du souffrir à cause de moi. Mon bébé, pardonne moi, je m'en veux tellement de ne pas t'avoir protégé. Avec ce diabète, je surveillais tout ce que je mangeais et achetai que les produits indiqué par la diabétologue. Mais, après réflexion je me rappelle que la diabétologue nous avait dit, en groupe, qu'on pouvait manger 2 fruits par jour. J'avais choisi la pomme et la poire uniquement pour leur IG bas par rapport à tous les autres. Du moment que notre taux ne dépassait pas. Et la gynéco le mois d'avant m'avait dit 2 fruits par semaine. J'ai suivi les conseils de la diabétologue mais est-ce que je n'aurai pas dû écouter plutôt la gynéco plus sécuritaire? pourquoi je n'ai pas demandé un autre avis médical même si mes taux étaient bons? est-ce cela qui a causé ta perte, ce maudit diabète. Je n'ai dépassé le taux que 3 fois en 3 mois. Seul écart était un carré de chocolat noir en fin de repas de temps en temps. Est-ce que c'est cela? La psy me dit que non car quasiment pas de sucre, qu'il aurait fallut que ce taux soit beaucoup plus élevé. Que le taux aurait été plus important si le diabète n'était pas régulé. Et dans ce cas ils donnent de l'insuline. Je n'avais pris que 2 kilos depuis le début de la grossesse à cause du diabète et ma fille était dans la courbe normale à l’échographie du T3. Cette échographie passée 1 semaine avant où il m'avait dit que tout allait bien. J'en avais choisi un réputé sur la ville que j'habite (une grande ville) pour justement être plus rassuré par rapport à l'échographiste de l'hôpital. J'avais vu mon obstétricienne 5 jours avant et me disait aussi que tout allait bien. Pourquoi je n'ai pas demandé des monitorings pour le suivi du T3 en raison de mon âge et diabète? Pourquoi je leur ai fait confiance? Est-ce que cela aurait changé l'histoire? Pourquoi ne me l'ont-ils pas proposé? Car pour eux, tout allait parfaitement (mon poids, ton poids, mes taux, mes analyses, les échos). Est-ce que tu serai avec moi aujourd'hui?
Oh ma puce comme tu me manques. J'ai ta photo sur mon portable mais je te regarde moins...cela me fait trop mal et de toute manière ton visage, ton corps, tes petites mains sont gravés dans ma mémoire à tout jamais. Tu sais, je n'ai plus peur de mourir car je sais que je serai avec toi quand ce jour viendra. Mais....la culpabilité me ronge, je vais sur pleins de sites pour essayer de comprendre ce qui s'est passé, cela me consume. Cela pourrait être une position dans la nuit? une compression du cordon? Et si j'avais plus mangé, tu aurais eu plus de place? On m'aurait déclenché si tu avais été plus grosse? car ce qui m’anéantis c'est de me dire que à 34 sa tu n'étais pas considéré comme prématuré...Et toutes ces recherches sur internet, à quoi cela sert? tu n'es plus là...
On a pas fait l'autopsie, juste l'amnio et l'étude du placenta qui n'ont rien révélé, trop dur sur le moment mais maintenant je regrette, cela m'aurait peut-être permis d'atténuer cette culpabilité.
Une amie, heureusement qu'elle est là, qui a perdu aussi un bébé au début du 4ème mois, la seule que j'ai voulu voir pendant tous ces mois, m'a dit que je ne pouvais rien me reprocher, que j'avais pris que 2 kilos, que j'avais fait attention. Elle m'a dit que peut-être tu avais une malformation non décelable et que tu aurais eu un problème, et que dans ce cas tu es partie et que c'est "mieux" ainsi car cela t'épargne une vie de souffrance. Peut-être...cela me "console" un peu si c'est le cas mais si cela n'est pas ça? Car je pense que tu était viable et que cela a basculé en quelques heures, cela me déchire le cœur...
J'ai repris le travail la semaine dernière, c'était dur, les gens vivent normalement alors que moi, mon monde s'est effondrée. Je vis depuis dans un monde parallèle. Cela m'a permis de me reconnecter au monde socialement car je n'ai voulu voir ni parler à quasiment personne pendant des mois.
Cet été fut très dur car on aurait dû être 5. Je voyais des bébés partout, des petites filles partout. Tu aurais été si douce et belle, j'en suis certaine.
Mon mari, heureusement qu'il est là, lui et les enfants, dit "qu'il faut avancer", j'ai l'impression qu'il a retrouvé sa vie d'avant comme "si on avait remonté le temps". Je ne minimise pas sa douleur bien sûr mais il n'en parle plus. Pour ne pas souffrir en en parlant? Pour protéger nos enfants? Pour m'éviter d'y penser? je ne sais pas...Quand j'ai les larmes qui montent, il me dit d'avancer. Avancer de quoi? Pour mes enfants, pour lui, j'essaie, vraiment, mais pour l'instant je suis en mode "robot" avec encore des litres de larmes.
Dés que je pense à elle (très souvent) les larmes montent. Et en ce moment, je me rappelle, il y a un an, j'entamais mon 4ème mois, j'étais si heureuse. Je ne savais pas encore que tu étais une petite fille car tu étais en tailleur ou en boule à chaque visite chez l'obstétricienne. Tu nous faisais patienter pour savoir si on achetait du rose ou du bleu. Comme je t'aime ma puce.
Le trajet du retour de mon travail, j'explose et je pleure à chaudes larmes.
Si j'avais été plus jeune, j'aurai voulu un autre enfant pour, non pas la remplacer bien évidemment, mais apaiser ma peine. Cela est si difficile de se dire que ma dernière grossesse est celle de la fatalité, que je ne tiendrai plus de bébé de nous deux pour le cajoler. Je sais que tu seras à jamais irremplaçable mais cela aurait mis de "l’insouciance d'enfant" dans nos vies. Je vous "envie" les mamanges qui peuvent encore avoir un bébé arc-en-ciel...
Je sais que jamais plus je ne pourrai être légère et heureuse complétement. Ma puce, avec toi, une partie de moi est morte. Je ne vis pas, je survis. Tu me manques tellement.
Ainsi, je n'avais pas pu écrire sur ce forum depuis des mois que je viens lire les messages de chacun. Ce soir je trouve le "courage" (je hais ce mot que tous nous disent) de déverser tous mes sentiments à vous qui comprenez, à toi Melrose. Je ne sais pas où tu habites en France mais je vis, à quelques ou beaucoup de kilomètres, la même douleur que toi, que vous tous. Je pense bien à vous tous, j'ai le sentiment de ne pas (hélas) être seule à vivre cette torture morale et du cœur. Mes journées sont rythmées entre culpabilité, tristesse et colère.
Tous nos bébés n'auraient jamais dû nous quitter, pas un bébé, pas une maman et un papa qui attendent avec impatience leur tout petit....
Douce pensée à tous et à nos bébés tant aimés à jamais.
Bonsoir Lilas!
Tout d’abord toutes mes sincères condoléances 💐 et merci beaucoup de me lire.
Désolée pour la réaction tardive mais je suis de nouveau dans la tourmente et je voulais le temps pour te répondre… et manque de bol je viens de perdre le long texte que je t’avais écrit et ce soir je n’ai franchement pas la force de recommencer… ton message m’a tellement bouleversé toutes ses émotions et tous ces sentiments je les ai vécu tellement de fois. Sincèrement je ne sais pas comment je fais pour tenir debout pour avancer.
On me dit que je suis forte mais moi je ne vois pas où elle se cache cette force.
On me dit que je suis courageuse mais quelle en est la récompense??
Cette mort qui s’est installée dans mes entrailles m’a brisé mon cœur à tout jamais et même si j’essaye de recoller les morceaux je ne pourrais jamais tous les retrouver tellement j’en ai des morceaux qui sont allés tellement loin.
Le bonheur à fiché le camp de chez moi et j’ai l’impression qu’elle m’a marqué d’une croix rouge pour ne plus jamais s’aventurer près de moi.
Nul ne me comprends et j’avoue que moi même je m’y perds de plus en plus tellement cette douleur me bouffe.

Aujourd’hui ça fait 5 moi que la vie m’a arrachée ma deuxième fille et ce soir je réalise que ma première fille ne vraiment pas bien au point de se scarifier 😭😭😭 je suis au bout de mes forces et je ne sais pas ce que la vie me veut. J’ignore quelle crime j’ai pu commettre pour qu’elle m’inflige une telle souffrance et je m’en veux à mourir d’imposer tout ça à mes enfants.
Je suis tellement impuissante face à peine et maintenant face à la peine de ma fille.
Je me sens si nulle et inutile à cet instant…
Pourtant j’ai fait une promesse à mes bébés. J’ai bien envie de la tenir mais je ne suis pas certaine d’y arriver je n’y arrive pas avec les enfants vivants, je n’y arriverai pas d’avantage avec ceux qui sont morts.
Je ne sais plus où est ma place ni si j’en ai une d’ailleurs!
Ce soir je voudrais juste qu’on me rende ma fille
Je voudrais juste que quelqu’un efface la peine de ma fille
Que quelqu’un efface ma peine…
Douces pensées à toi mon petit ange, à vous mes petits anges, à vous tous nos petits anges partis trop tôt puissiez vous tous être nos petites lumières qui nous éclairent dans cet océan d’obscurité.
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Re: Mamange pour la deuxième fois... peur de ne pas pouvoir me relever.

Message par Melrose »

Bonsoir mon bébé ange 😇
Ce soir j’ai eu une longue discussion avec ta grande sœur à qui tu manques tant!
Elle est une victime collatérale de cette injustice.
Tu lui as été arraché alors qu’elle t’attendait tant
Elle se sens seule et délaissée parce que je ne suis pas toujours disponible émotionnellement et physiquement pour l’accompagner dans cette période turbulente qu’est l’adolescence.
Elle a besoin de s’identifier à quelqu’un en l’occurrence sa maman sauf qu’on ne peut pas vraiment dire que je soit un modèle d’identification.
Elle est en perte de repères et ça me déchire le cœur.
Je veux pouvoir me concentrer sur elle mais je souffre beaucoup trop de ton départ précoce.
Comment faire???
Je suis perdue et j’espère pouvoir trouver secours secours auprès de l’équipe périnatalité.
J’ai l’impression que la vie ne cessera jamais de me poser des défis. Je ne cesse de douter de moi de ma capacité à être mère.
Et si c’était pour cela que la mort m’a arrachée à toi à vous ???
Mon cœur saigne encore, mon cœur saigne aujourd’hui, mon cœur saigne maintenant.

Plein de bisous volants à vous mes petits bébés du ciel ❤️♥️❤️♥️❤️♥️
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Re: Mamange pour la deuxième fois... peur de ne pas pouvoir me relever.

Message par Melrose »

Bonsoir mon petit ange!
23 semaines me séparent de notre triste mais douce rencontre…
C’est une semaine de plus que ton court séjour dans mon ventre.
Tu me manques tant et je rêve encore de pouvoir remonter le temps, ainsi je ferai les choses autrement, ainsi tu aurais été là.
Rien ne me dit pourtant que tu aurais été là si j’avais réagi autrement…
Plus les semaines passent et plus mes idées deviennent claires ou plutôt j’arrive à prendre en compte d’autres facteurs…
Trois jours avant que ton petit monde se perce j’avais eu le sentiment d’être malade, je n’avais pas de fièvre du coup j’avais mis cela sur le coup de la fatigue. Cette même sensation je l’ai re eu le samedi soir… sans doute là les signes d’une infection. Je ne le saurais jamais de façon certaine.
Cela des fois m’aide à moins culpabiliser mais reste que je ne suis pas allée à la maternité. «cela n’aurait probablement rien changé » comme me le répète inlassablement ma gynécologue. Mais j’aurais au moins à mesure de me dire que j’ai fait tout comme il fallait.
Je n’arrive réellement pas à me débarrasser de ce sentiment de culpabilité et n’ayant que des suppositions en guise de réponse, j’ai bien peur de ne jamais y arriver.
J’espère au moins arriver un jour à me pardonner pour cela mon bébé j’ai envie que tu me pardonnes.
Je ne cesserai jamais de te demander pardon.
Ce soir je me couche avec cette pensée que la Vie a ses raisons que mon cœur ne pourra comprendre mais que ma tête doit accepter.
Douces nuit petite Mila.
Douces nuit mes petites étoiles 🌟
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