déni de réalité face au deuil ?

Gali2312
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Re: déni de réalité face au deuil ?

Message par Gali2312 » 02 septembre 2019, 00:06

Bonsoir Elisabeth

Chacun vit un deuil à sa façon. Je me reconnais un peu dans tes mots, même si pour moi cet état est arrivé bien plus tard que pour toi. Quel que soit le stade auquel l'IMG a lieu, quel que soit son motif, c'est la perte d'un bébé, d'un être en devenir, un projet de famille qui se casse la figure et c'est violent. Cela, chacun et chacune le ressent différemment, le digèrera comme il pourra, personne n'est en droit de juger la manière dont tu réagis ou te comportes. Car tu vas en entendre certainement, des drôles de trucs, dans les semaines et mois à venir.
Fais ce que tu penses bon de faire pour que cela aille, il n'y a pas de bon ou de mauvais choix... Quant aux émotions... laisse les s'exprimer comme elles le peuvent elles aussi, et tant pis pour les autres.

En ce qui me concerne, j'ai repris le boulot une semaine après l'IMG (en novembre) mais j'ai dû être arrêtée le lendemain de mon retour pour... une pneumonie contractée lors de mon IMG... j'ai été tellement malade que je n'ai plus pensé pendant trois semaines à l'horreur que je venais de vivre. Puis j'ai enchaîné sur les vacances de Noël, puis de nouveau le travail... et l'hiver est tranquillement passé, j'allais "bien"... et mars, puis avril avec la DPA sont arrivés. Plus on s'en approchait, plus j'angoissais et c'est à ce moment que j'ai plongé. Le jour J est passé... et puis plus rien. Des pensées telles que "elle serait avec nous". J'arrive à en parler facilement maintenant pour permettre aux gens de comprendre que cela arrive, que cela n'est pas tabou. Et je ne suis pas triste. Cela fait malheureusement partie de la vie, oui c'est profondément injuste, mais c'est comme ça. Je m'autorise à avoir le cafard, à être en colère rien que de penser à ce qui m'est tombé sur la tête, mais également à être heureuse, car nous n'avons qu'une vie et finalement, il nous faut continuer à avancer malgré les embûches. Cela fera bientôt un an que nous avons choisi d'interrompre une grossesse pour T21 avec malformations cardiaques et de l'oesophage. Aussi dur et cruel que cela puisse sembler, je ne regrette pas de l'avoir fait. Je n'ai qu'un lointain souvenir de tout cela, cela se perd dans le brouillard, je ne suis plus triste. Et cette mauvaise expérience m'a permis de me focaliser sur ce qui est important dans la vie, de me remettre en question et de savoir ce que je ne veux pas pour la suite.

Tu disais ne plus avoir envie de bébé? Idem. J'en suis venue à me dire que je n'ai pas besoin d'un autre enfant, que mon fils de 3 ans me comble parfaitement. J'ai fait une fausse couche très précoce en mars et j'ai même été soulagée que cela ne marche pas. Lorsque je le dis, la plupart de mes proches sont choqués. Seulement nul ne peut se mettre à notre place s'il n'a pas vécu similaire événement.

Bon courage, cela fera toujours partie de nous quoique nous fassions, où que nous allions.
Maman de L *** 2016
Mamange d'Estelle (9.11.2018)
Maman d'E*** 2020

Hannah_Haley
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Re: déni de réalité face au deuil ?

Message par Hannah_Haley » 05 septembre 2019, 12:56

Baab a écrit :
29 août 2019, 09:57
Bonjour, oui les 1eres semaines sont déroutantes.
J avais un anniversaire 15j apres le deces de ma fille.
Et j'ai ri a cette anniversaire. Jai eu honte qd je men suis rendu compte . Comment je pouvais rire alors qu elle devrait etre la... mais comme la tres Bien expliqué marie Eve le cerveau se protège. Il faut être prête pour accepter la tristesse du deuil. Pour ma part la descente est arrivée 2 mois apres. Mais elle n est pas obligatoire...
Mais il faut toucher le fond de la piscine pour remonter .
Après rien n est jamais linéaire, les épreuves nous ont affaiblies et il faut des fois pas grand chose pour rechuter (mais jamais aussi grave)
Comme ma psy ma dit , il ne faut pas voir le temps passé mais le chemin parcouru.
Nos émotions sont souvent a l opposé et on se culpabilise facile. On est jamais que son meilleur ennemi....
Bon courage a toi


Moi j'ai eu honte à chaque fois que l'on me dit "t'as l'air mieux"
Aujourd'hui je me rends compte que je remonte doucement la pente, comme toi je me suis surprise à rire, de plus en plus souvent, ce week end j'étais avec des amis (ces même amis qui m'ont relevé quand j'étais au plus bas) et j'ai tellement ris que j'en ai eu des fuites urinaires, alors que jusqu'à présent je disais à ma sage femme que je n'en avait pas et que du coup on fait ma rééducation du periné sur la reconnexion avec mon corps, je me dit qu'en fait il va me falloir quand même une rééducation plus centré sur le periné, cela m"a prit 3 mois pour m'en rendre compte...
Aujourd'hui je peux dire que je vais un peu mieux, j'arrive à sortir (chez des amis ou famille) passer de bonnes soirées, j'ai encore du mal avec les sorties dans des lieux où il y a du monde, hier j'ai emmené ma filleule faire les magasins, c'était un peu trop mais j'ai tenu le coup et puis sur le retour on s'est arrêté au cimetière. Par contre je continue à rever éveillée, toute la journée je m'imagune ce qu'il se serait passé avec elles à mes côtés, je me refait mes journées avec elles, et j'ai toujours peur du temps qui passe...
Anaïs, équipe de modération petiteemilie.org

Maman de 2 petites étoiles jumelles

On peut trouver le bonheur même dans les endroits les plus sombres, il suffit de se souvenir d'allumer la lumière.
Albus Dumbledore

élisabeth
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Re: déni de réalité face au deuil ?

Message par élisabeth » 17 septembre 2019, 21:56

Je reviens enfin...
Je voulais toutes vous remercier pour vos messages.
Je disais la semaine dernière à la psy que j'avais trouvé du réconfort en fouillant dans ce forum, en lisant plein de choses - il y a de la chaleur ici, exactement ce dont on a besoin dans ce genre de moments !

J'ai moi aussi vécu une espèce de "descente" dernièrement - je suis assez triste... J'ai du mal à me sentir présente au monde, je voudrais juste rêvasser et faire ma petite vie dans mon coin...
Mais je sens que c'est le processus de deuil, je sens qu'il va m'accompagner, et que je vais m'habituer à lui, et qu'il me signale l'emménagement de ma fille dans mon coeur, avec un bail sans date limite.

Je vous embrasse.
A bientôt !

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