Elisa, mon étoile filante.

Tatiana.18
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Elisa, mon étoile filante.

Message par Tatiana.18 »

Voilà plus d’un mois que tu es née ma toute belle.
Je t’ai écris une lettre que je t’ai apportée et depuis je n’ai pas eu le courage de t’écrire. Je pense à toi tous les jours. Je pleure souvent, mais la vie doit continuer.
Pour nous, pour ta grande soeur.

Ça a été l’année la plus difficile de ma vie. Oui car voilà je te couvais dans mon ventre en ce mois de juin pluvieux. Le 14 juin j’ai ressenti des contractions fréquentes mais peu intenses. Je pensais ton arrivée toute proche. Nous étions à 38SA tu étais prête à venir. Je me demandais si tu naîtrais pour mon 30ème anniversaire le 18.

Je t’avais vu à une échographie une semaine plus tôt en pleine forme tellement tonique. À nouveau en siège coquine.
Toi mon petit bébé si plein de vie et d’énergie. Je te savais déjà bien différente de ta grande soeur. Tu étais tellement tonique.
Tu nous en as d’ailleurs fait voir de toutes les couleurs toi qui n’arrêtait pas de te retourner. Un moment en siège un moment en position céphalique… ça m’a valu des échographies et monitoring fréquents en cette fin de grossesse. Ça a remis en question mon accouchement en plateau technique et sans péridurale (comme pour ta soeur). Au pire cela finirait en césarienne ou en vb avec péridurale, c’était ça l’issus la plus noire que je pouvais concevoir.
Les FC c’était mon truc, j’en ai fait 3 précoces en tout, c’était mon bagage pas marrant, les mfiu je connaissais, mais moi j’avais les fc c’était bien assez non ?

Le 14/6 au soir j’avais eu un mauvais pressentiment, une inquiétude, je m’étais dis que si ta grande soeur ne venait pas de commencer sa nuit je serais bien aller à la maternité.
Mais j’ai préféré me rassurer je n’en ai pas parlé à ton papa et je l’ai oublié. D’ailleurs le soir en me couchant j’étais étonnée que tu ne gigote pas comme d’habitude en allant me coucher. Mais j’ai pensé que tu dormais aussi.
Le 15 au matin j’ai eu une énième échographie tu étais à nouveau tête en bas. Elle n’a pas vu. J’ai failli demander d’écouter ton coeur, mais je n’ai pas osé.
A midi la sf venait me faire un monitoring à la maison de toute façon.

Puis a midi elle est venue. Quand elle a posé le monitoring et que je n’ai pas entendu ton coeur de suite j’ai sentie la boule d’angoisse revenir dans mon gorge, dans mon coeur.
Elle m’a dit que peut-être que tu étais mal positionné, elle a essayé longtemps, mais elle entendait du bruit la dedans.
Elle m’a emmené à son cabinet pour faire une échographie. J’ai appelé ton papa. Il a compris lui que c’était fini. Il nous a rejoint sur place.
Il me tenait la main quand elle m’a dit « Je suis désolée son coeur ne bat plus … ».
Quand l’incrédulité m’a saisie quelques longues secondes, puis que le sol s’est dérobé sous mes pieds. Parce que toi tu n’étais déjà plus là. Il n’y a avait plus rien à faire. 38SA mon bébé. J’attendais ta naissance pas ta mort.

Le reste s’est enchaîné. Les sf ont appelé l’hôpital pour les prévenir et nous ont proposé d’y aller quand on voulait ou de nous appeler une ambulance pour nous emmener.
On a décidé d’y aller nous.
J’ai appelé tout tes grands-parents pour leur annoncer.
J’ai dis à ton papa de m’emmener voir ta grande soeur pour lui annoncer. Elle que je préparais à ton arrivée (et elle était tellement impatiente de te rencontrer ta soeur).
Je lui avais dit que lorsque tu sortirais de mon ventre se serait mamie qui la chercherait chez nounou, qu’elle dormirait peut-être là bas. Que maman rentrerait ensuite avec sa petite soeur. Toi, Elisa.
Alors je devais lui dire que maman allait aller à l’hôpital, mais que jamais tu ne rentrerais avec nous. Qu’on était tous très tristes, qu’elle aussi avait le droit de l’être, que ce n’était pas sa faute.
Je me rappellerais toujours son visage grave en nous voyant pleurer papa et moi, sa tristesse et son incompréhension quand je lui ai expliqué que tu étais morte dans mon ventre.

Arrivés à l’hôpital à 16h, j’avais juste à dire mon nom et prénom rien de plus, peu importe mon interlocuteur tout le monde savait.
On a refait une échographie pour confirmer. Et bien sûr ils ont confirmé que tu étais partie.
On m’a dit que je pouvais rentrer qu’on programmerait un déclenchement dans 48h.
J’ai refusé, j’étais « prête », ton papa aussi. On a avait pris nos dispositions pour ta soeur, pour nos familles, pour nous. Ils savaient que j’allais accoucher de mon bébé mort. Il n’était pas question de rentrer protocole ou pas.
Étonnamment personne n’a insisté, ils ont acceptés.
On m’a proposé une chambre à la maternité ou dans les grossesses pathologiques. J’ai demandé à aller aux grossesses pathologiques je ne voulais pas souffrir d’entendre pleurer un bébé en sachant que toi je ne t’entendrais jamais.
Ils ont laissé ton papa rester avec nous, malgré le contexte sanitaire. Ils lui ont installés un lit.
Tout le monde était au petit soin sans être intrusif. Un climat très doux, respectueux et sécurisant.
J’ai eu le droit aux comprimés pour déclencher les contractions et commencer le travail. Qui devaient sûrement déboucher sur un tampon de ***** ou une perfusion d’ocytocine le lendemain matin. Finalement ça aura suffit.

Je voulais une péridurale pour ne pas souffrir physiquement en plus du reste, complètement à l’inverse de mon vrai projet de naissance. Mais comme pour ta soeur la dilatation de 4 a complète s’est faite en moins d’une heure. Pas le temps pour l’anesthésiste de la poser.
Alors tu es née comme je l’avais imaginé toute ma grossesse, sans péridurale, ton papa me tenant la main. Le 16 juin à 5h57.
Ça a été tellement intense et fort, merveilleux. Sauf que pour finir il n’y avait que le silence, insupportable et en même temps si doux, comme un hommage.
Les sages-femmes nous ont dit que tu avais 3 tours de cordon autour du cou, très serrés que c’était pour cela que tu t’étais éteinte.
Un comble mon petit amour, c’est parce que tu étais si vivante que tu est morte. Avec le lien qui devait te donner la vie, qui t’avait fait grandir. Pouvait il exister une raison plus injuste ? Il ne me semble pas.
Je t’ai prise dans mes bras, caressée et embrassée ma chérie. Papa trouve que tu ressemblais à ta soeur. Je t’ai trouvé si belle, magnifique avec tous tes cheveux noirs. Tu avais l’air paisible, est-ce que tu as souffert ma chérie ?
J’ai pris des photos pour pouvoir me souvenir. Ce jour là et deux jours plus tard à la morgue quand je t’ai présenté à ma maman.
Des souvenirs c’est tout ce qu’il me reste. À moi plus qu’aux autres. Et je souffre de tout ce que nous manquons ensembles ma chérie depuis. Je souffre que tu n’ai autant existé que pour moi.

Mais là vie doit continuer. Pour nous, pour ta soeur, pour toi aussi. Nous avons décidé de te donner rapidement un petit frère ou une petite soeur. On s’y accroche à la vie tu vois. Même si c’est dur.
Même s’il y a ce trou béant dans mon coeur. Là juste pour toi. Pour toujours.
Je t’aime tu sais Elisa. Tu me manques et ce sera toujours comme ça malgré tout.
Ta maman.
Maman d’Ophélie née le 14/08/18 (38 SA+4).
3 FCs précoces.
Mamange d’Elisa (MFIU circulaire du cordon à 38SA), née sans vie le 16/06/21.
Attente d’un petit arc en ciel.🌈
Tatiana.18
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Re: Elisa, mon étoile filante.

Message par Tatiana.18 »

Elisa j’ai appris hier que ta soeur et toi alliez avoir un cousin ou une cousine en février prochain.
J’aurais tellement voulu que tu le connaisses. Que vous puissiez jouer et grandir ensembles.
Tu aurais du être dans mes bras pour cette annonce. Tu me manques tellement mon amour.
Maman d’Ophélie née le 14/08/18 (38 SA+4).
3 FCs précoces.
Mamange d’Elisa (MFIU circulaire du cordon à 38SA), née sans vie le 16/06/21.
Attente d’un petit arc en ciel.🌈
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